Le 82ème baromètre Fiducial-IFOP des TPE, publié le 21 janvier 2026 auprès de 1 016 dirigeants. Ceci révèle un climat de confiance durablement dégradé. Avec 87% de défiance envers les mesures gouvernementales et seulement 22% anticipant une croissance en 2026, les patrons de petites entreprises sont pessimistes. À l’approche des municipales de mars, ils expriment des attentes fortes. Sur la fiscalité locale, la sécurité et le développement économique.
Une défiance historique envers l’exécutif
L’instabilité politique de 2025 laisse des traces profondes. Seulement 13% des dirigeants de TPE ont confiance dans les mesures économiques d’Emmanuel Macron et de son gouvernement, soit une chute de 13 points par rapport au premier trimestre 2025. Il s’agit du plus bas niveau observé sur l’ensemble des deux quinquennats, après le troisième trimestre 2025 (12%).
Cette défiance se traduit par un pessimisme massif : 84% des patrons se disent pessimistes quant au climat général des affaires en France. Concernant leur propre activité, 54% restent pessimistes, le niveau le plus élevé enregistré en 2025.
Des perspectives moroses pour 2026
Pour 2026, seuls 22% des dirigeants s’attendent à une croissance de leur activité, soit 3 points de moins qu’en 2024 et 8 points de moins qu’en 2023. La stagnation devient le scénario majoritaire avec 53% des patrons qui l’anticipent (+8 points par rapport au quatrième trimestre 2024).
Plus de 4 patrons sur 10 (41%) déclarent rencontrer des difficultés financières, en hausse de 3 points. Sur l’emploi, seuls 8% ont embauché ou prévoyaient d’embaucher fin 2025, tandis que 6% ont supprimé ou prévoyaient de supprimer des postes. Paradoxalement, ce pessimisme semble davantage lié au contexte politique dégradé qu’à la réalité économique. Les indicateurs d’emploi et de défaillances restant moins alarmants que le moral des dirigeants.
Municipales 2026 : une satisfaction relative mais des attentes précises
À deux mois des élections municipales, 62% des dirigeants de TPE résident dans la commune où se trouvent leur entreprise. Témoignant d’un ancrage territorial fort. Ils sont 61% à être satisfaits du maire actuel et de l’équipe municipale. Bien que ce score recule de 9 points par rapport à janvier 2014.
La taille de la commune joue un rôle fondamental : plus elle est petite, plus la satisfaction s’éleve. Dans les communes rurales (moins de 2 000 habitants), 72% des patrons sont satisfaits de l’évolution de leur commune contre 62% en moyenne. Toutefois, 45% reconnaissent que la municipalité prend en compte leurs préoccupations. Soit une hausse de 11 points par rapport à octobre 2013, soulignant des progrès réels mais jugés encore insuffisants.
Seuls 27% des patrons entrevoient les élections municipales comme susceptibles d’impacter leur activité. Révélant un certain scepticisme quant au pouvoir d’agir des élus locaux sur l’économie.
Une mobilisation électorale en progression
Malgré ce contexte mitigé, plus de 7 patrons sur 10 (71%) déclarent être certains d’aller voter aux élections municipales des 15 et 22 mars prochains. Les patrons du BTP sont les moins mobilisés (-11 points par rapport à la moyenne). Tandis que ceux des services aux entreprises et de la santé affichent les intentions les plus fortes (+10 et +15 points).
