Le SEDDRe tire la sonnette d’alarme. Son président, Alexandre Doyère, a saisi députés et sénateurs pour dénoncer une situation devenue critique dans la filière déchets du BTP.
En cause : les dysfonctionnements persistants de la REP PMCB, qui fragilisent l’ensemble du secteur.
Une réforme contestée depuis son lancement
Avant tout, la filière REP PMCB (Responsabilité Élargie du Producteur pour les produits et matériaux de construction) est issue de la loi AGEC.
Entrée en vigueur en 2023, elle devait structurer la gestion des déchets du bâtiment.
Mais rapidement, les difficultés se sont accumulées :
- absence de concertation
- retards réglementaires
- manque de visibilité pour les entreprises
Une situation qui perdure malgré les alertes du secteur.
Des décisions qui aggravent la situation
Ensuite, plusieurs décisions récentes ont accentué la crise.
Parmi elles :
- l’arrêt de la prise en charge de certains déchets par Valobat
- la baisse des soutiens financiers par Ecominéro
- le maintien de contributions élevées malgré la hausse des volumes
Résultat : le principe de reprise gratuite des déchets triés est aujourd’hui remis en cause.
Des coûts qui pèsent sur les acteurs du BTP
Par conséquent, les entreprises de déconstruction se retrouvent en première ligne.
Elles doivent désormais absorber :
- des coûts de traitement supplémentaires
- une instabilité économique croissante
- des obligations contractuelles inchangées
Ces charges se répercutent directement sur :
- les entreprises du BTP
- les maîtres d’ouvrage
- et les collectivités locales
L’état de la situation a un impact concret sur les opérations de chantier.
Une filière stratégique en difficulté
Pourtant, la filière joue un rôle clé.
Elle représente :
- 80 % des déchets du secteur du bâtiment
- plus de 23 millions de tonnes par an
Dans un contexte de hausse des coûts (notamment énergétiques), la situation devient critique.
La viabilité des entreprises est désormais menacée à court terme.
Un blocage réglementaire persistant
Par ailleurs, les annonces gouvernementales restent sans effet concret.
Un calendrier a été évoqué :
- nouveau décret attendu d’ici septembre 2026
- entrée en vigueur d’un nouveau modèle en 2027
Cependant, plusieurs obstacles subsistent :
- absence de mesures immédiates
- blocage législatif
- report de certains textes
La filière reste dans l’incertitude.
Trois demandes urgentes pour sortir de la crise
Face à cette situation, le SEDDRe appelle à une action rapide du Parlement.
Le syndicat formule trois priorités :
- clarifier les règles financières de la REP PMCB
- sécuriser le cadre législatif
- mettre en place des mesures transitoires
L’objectif est d’éviter une dégradation irréversible de la filière.
Un enjeu majeur pour l’économie circulaire dans le BTP
Enfin, cette crise dépasse le seul secteur du recyclage.
Elle pose une question plus large : celle de la crédibilité des politiques d’économie circulaire dans le BTP.
Sans cadre stable et opérationnel :
- les objectifs environnementaux sont fragilisés
- les investissements sont freinés
- et les acteurs perdent en confiance
