Les camions à hydrogène Hyliko confirment leur potentiel en Occitanie

Par Armand Rosam |

Les essais de camions hydrogène en Occitanie confirment le potentiel de cette énergie pour décarboner le transport routier. À mi-parcours, Hyliko, Qair et la Région Occitanie dressent un bilan positif d’une expérimentation unique en France, menée depuis le 17 mars 2026.

Les camions à hydrogène Hyliko confirment leur potentiel en Occitanie

Les essais de camions hydrogène en Occitanie confirment le potentiel de cette énergie pour décarboner le transport routier. À mi-parcours, Hyliko, Qair et la Région Occitanie dressent un bilan positif d’une expérimentation unique en France, menée depuis le 17 mars 2026.

Une expérimentation grandeur nature sur les grands axes logistiques

Déployés sur les stations hydrogène de Béziers et Narbonne, au croisement stratégique des autoroutes A9 et A75, les essais du camion HyT44 1st Edition permettent à des transporteurs de tester gratuitement une solution de mobilité décarbonée en conditions réelles.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme européen Corridor H2, porté par la Région Occitanie, avec un objectif clair : structurer un réseau hydrogène à l’échelle européenne, reliant la péninsule ibérique au nord du continent.

Des performances adaptées au transport routier longue distance

Après plusieurs semaines d’exploitation, les retours terrain sont sans appel : l’hydrogène répond aux contraintes du transport intensif.

Les principaux enseignements :

  • Autonomie : compatible avec les trajets quotidiens (environ 400 km)
  • Ravitaillement rapide : moins de 20 minutes
  • Zéro impact opérationnel : intégration fluide dans les flux logistiques
  • Confort de conduite : silence, puissance et ergonomie salués

Le camion a déjà parcouru près de 3 000 km, permettant :

  • d’éviter 2,5 tonnes de CO₂
  • d’économiser près de 1 000 litres de diesel

Un signal fort pour une région où le transport reste le premier émetteur de gaz à effet de serre.

Le retour terrain des transporteurs engagés

Parmi les entreprises participantes, Jimenez Transport & Location, basée à Villeneuve-lès-Bouloc, a testé le véhicule pendant une semaine.

Valérie Jimenez, présidente du groupe, souligne :

« Ces essais confirment le potentiel de l’hydrogène pour notre métier. Les performances en autonomie et la rapidité de recharge sont au rendez-vous. Le confort et le silence sont également très appréciés par nos équipes. »

Un retour qui illustre l’adhésion progressive des acteurs du transport à ces nouvelles motorisations.

Des infrastructures hydrogène déjà opérationnelles

Le succès de l’expérimentation repose aussi sur la qualité du réseau de distribution, notamment opéré par Qair.

Les stations de Béziers et Narbonne :

  • délivrent jusqu’à 600 kg d’hydrogène renouvelable par jour
  • alimentent poids lourds, bus, autocars et véhicules légers
  • offrent un ravitaillement fiable et rapide

Elles complètent un réseau régional incluant :

  • Blagnac
  • Toulouse (zone sud)
  • Saint-Sulpice-la-Pointe

Ce maillage s’inscrit dans une dynamique européenne, connectée à d’autres corridors hydrogène en Auvergne-Rhône-Alpes et en Espagne, en conformité avec le règlement AFIR qui impose des stations tous les 200 km d’ici 2030.

Une filière hydrogène en structuration

Au-delà des performances techniques, cette expérimentation valide un modèle global basé sur :

  • la production d’hydrogène renouvelable
  • un réseau de distribution structuré
  • des véhicules adaptés aux usages intensifs
  • et l’implication directe des transporteurs

Ces derniers jouent un rôle clé en testant les solutions et en entraînant leur écosystème (clients, partenaires, fournisseurs) vers la décarbonation.

Une dynamique appelée à se poursuivre

Les essais se poursuivront jusqu’au 19 mai 2026, avec l’ambition de confirmer ces premiers résultats et d’accélérer le déploiement de la mobilité hydrogène en France et en Europe.

Ce premier bilan valide le potentiel de l’hydrogène comme alternative crédible au diesel pour le transport routier longue distance. En Occitanie, l’écosystème est désormais en place pour passer à l’échelle.