Scania mise sur le premium et la résilience

Par Alexandre Foumangoye |

Scania parvient à maintenir sa part de marché en Europe. Pour la deuxième année consécutive, le constructeur se hisse à la 2e place et reste le premier importateur.

Scania mise sur le premium et la résilience

Dans un contexte géopolitique tendu et un marché du poids lourd en recul en 2025, Scania parvient à maintenir sa part de marché en Europe. Pour la deuxième année consécutive, le constructeur se hisse à la 2e place et reste le premier importateur. Au cœur d’un marché mondial du camion chahuté par les conflits, la demande reste à la fois stable et contrastée. Dans ce contexte, Scania maintient le cap. Le chiffre d’affaires (-8%) et le résultat d’exploitation (-33%), tous deux en baisse, n’altèrent pas sa part de marché en Europe. Celle-ci atteint 17,6%, contre 17,7% en 2025.

« C’est une fierté, d’autant que le marché peine à dépasser les 30 000 unités en 2025, soit -11%. Début 2026, une récession est observée sur les immatriculations, mais la part de Scania parvient à se hisser à 16,6% », commente Eric Darné.

Tracteurs et porteurs : une dynamique confirmée

Dans le détail, le constructeur affiche une solide performance sur les tracteurs, avec une part de marché de 17,2%. « Cela n’a jamais été réalisé », souligne-t-il. Surtout, Scania dépasse Volvo et devient le premier importateur sur ce segment.

Côté porteurs, historiquement plus difficiles à imposer, la progression est également notable. La part de marché atteint 13,3%. Les résultats sont particulièrement marqués sur plusieurs segments clés du BTP, notamment les bennes amovibles (+15%) et les bennes à déchargement mécanique (+14,2%).

« Nous avons réussi à inverser la perception de notre image sur les porteurs », précise Eric Darné.

Énergies alternatives : un développement encore contrasté

En revanche, le segment des camions à énergies alternatives reste plus mitigé. Sur les trois dernières années, Scania recule de 4 points, avec une part de marché de 14,5%, derrière Renault Trucks (41,7%) et Volvo (18,8%).

Le constructeur conserve néanmoins une position de leader sur les immatriculations gaz en 2025, devant Iveco. Au premier trimestre 2026, le poids des énergies alternatives reste globalement stable.

« Le principal marché reste le B100, notamment sur les tracteurs », indique Eric Darné. L’électrique, pénalisé par des retards de livraison et des problèmes de disponibilité, revient progressivement au T1 2026. À noter toutefois une performance solide sur les porteurs à énergies alternatives, avec 19% de part de marché et une place de numéro 2. « 10% de nos immatriculations concernent des véhicules à énergies alternatives », résume-t-il.

Location et financement : de nouveaux leviers

Enfin, Scania entend accélérer sur la location, notamment dans le BTP et sur les porteurs. L’objectif est clair : faciliter l’accès aux véhicules et accompagner la transition énergétique.

« Nous devons prendre davantage de risques. La location permettra aussi de faire découvrir les véhicules à énergies alternatives », explique Eric Darné.

Côté financement, le recul est marqué en 2025, dans un contexte économique tendu. « Entre inflation, hausse des taux et accès restreint au crédit, le choc a été rude », souligne Eric Nassi.

Le constructeur prévoit néanmoins de développer des solutions adaptées, notamment pour les véhicules électriques, ainsi que de nouveaux services en atelier dès 2027. L’offre assurance, de son côté, continue de progresser.