Baisse des effectifs en cycle ingénieur : un risque pour les grandes transitions du pays

Par Armand Rosam |

Alors que la phase d’admission complémentaire de Parcoursup bat son plein, une mauvaise nouvelle vient secouer l'ingénierie dans la construction. En effet, une note flash publiée en juin par le SIES (le service statistique du ministère de l’Enseignement supérieur) confirme une tendance redoutée par toute la profession.

Baisse des effectifs en cycle ingénieur : un risque pour les grandes transitions du pays

Une alerte sur les bancs de l’école : les chiffres qui inquiètent le BTP

Alors que la phase d’admission complémentaire de Parcoursup bat son plein, une mauvaise nouvelle vient secouer l’ingénierie dans la construction. En effet, une note flash publiée en juin par le SIES (le service statistique du ministère de l’Enseignement supérieur) confirme une tendance redoutée par toute la profession.

À la rentrée, les effectifs en cycle ingénieur ont enregistré une baisse de -0,6 % en un an, pour atteindre 157 600 inscrits. De plus, la progression n’est que de 2 % sur les cinq dernières années. Pour la fédération Syntec-Ingénierie, ces chiffres sonnent comme un véritable signal d’alarme. L’orientation des lycéens vers ces filières conditionne directement la capacité de la France à mener à bien ses transformations majeures.

Un déficit de talents face aux ambitions économiques et climatiques

Pourtant, les besoins du marché n’ont jamais été aussi élevés. Selon l’OPIIEC, l’économie française réclame 50 000 à 60 000 nouveaux ingénieurs par an. En comparaison, le pays n’a compté que 46 500 diplômés en 2023. Cette érosion du vivier de talents intervient donc au pire moment pour les entreprises.

Le chiffre clé : Aujourd’hui, 61 % des sociétés d’ingénierie déclarent rencontrer d’importantes difficultés de recrutement.

Par conséquent, cette pénurie menace directement les grands chantiers nationaux :

  • La décarbonation de l’énergie.
  • L’adaptation des infrastructures au changement climatique.
  • La réindustrialisation et la souveraineté technologique des territoires.

N’oublions pas que la profession constitue un moteur économique colossal. Elle rassemble 362 000 salariés au sein de 31 500 entreprises, pour un chiffre d’affaires de 62 milliards d’euros.

Syntec-Ingénierie appelle à un sursaut national et à la diversité

Face à cette situation critique, Syntec-Ingénierie invite les lycéens et leurs familles à redécouvrir cette filière d’avenir. C’est un secteur dynamique qui recrute massivement, qui innove constamment et qui permet d’agir concrètement sur le monde réel.

Par ailleurs, la fédération interpelle les pouvoirs publics et la communauté éducative. Elle demande de promouvoir ces métiers dès le lycée et de valoriser la diversité des voies d’accès. Elle entend faire des vocations scientifiques et techniques, notamment féminines, une priorité nationale absolue.

« Les ingénieurs impulsent les grandes transitions de notre pays (…). À tous les jeunes qui veulent être utiles et agir concrètement sur le monde qui les entoure : choisissez l’ingénierie ! » — Michel Kahan, président de Syntec-Ingénierie.