Retards de paiement : la France retrouve des couleurs

Par Armand Rosam |

Après deux années difficiles, les retards de paiement reculent en France. Au deuxième trimestre 2026, les entreprises et organisations publiques réduisent leurs délais de règlement.

Retards de paiement : la France retrouve des couleurs

Après deux années difficiles, les retards de paiement reculent en France. Au deuxième trimestre 2026, les entreprises et organisations publiques réduisent leurs délais de règlement.

Selon le panorama publié par Altares, le retard moyen atteint désormais 12,3 jours. Il était de 14,1 jours un an plus tôt. La France fait ainsi mieux que la moyenne européenne, établie à 13,1 jours.

Autre indicateur positif : 49,7 % des entreprises françaises paient désormais leurs fournisseurs à l’échéance. Un an plus tôt, cette proportion atteignait 45,2 %.

De plus, les retards supérieurs à 30 jours reculent à 7,5 %. La France retrouve ainsi son meilleur niveau depuis trois ans.

Les retards de paiement reculent en France

Le redressement s’est accéléré au printemps 2026. Il intervient après une dégradation continue en 2024, puis en 2025.

« Le printemps 2026 pourrait marquer le retour à une discipline de paiement plus vertueuse », estime Thierry Millon, directeur des études Altares. Selon lui, la facturation électronique contribue notamment à moderniser les processus et à améliorer la qualité des données.

Le renforcement du cadre réglementaire participe également à cette évolution. Pour Altares, la ponctualité des règlements constitue désormais un enjeu de trésorerie, mais aussi de compétitivité et de confiance économique.

La France dépasse la moyenne européenne

À l’échelle européenne, le retard moyen s’établit à 13,1 jours. Il était de 14 jours un an plus tôt.

Cependant, les paiements à l’échéance restent minoritaires. Une entreprise européenne sur deux continue de régler ses fournisseurs après la date prévue.

La France se situe donc désormais parmi les pays les mieux orientés. Son retard moyen atteint 12,3 jours. Les retards supérieurs à 30 jours représentent 7,5 % des paiements, contre 8,8 % en Europe.

Les écarts restent toutefois importants entre les pays.

Les Pays-Bas affichent les meilleurs résultats. Leur retard moyen atteint seulement 2,9 jours. De leur côté, 82,7 % des entreprises paient leurs fournisseurs à l’heure.

L’Allemagne suit avec 6,5 jours de retard moyen et 64,1 % de paiements à l’échéance. La Belgique affiche 10,2 jours.

Le Royaume-Uni poursuit également son amélioration. Son retard moyen est revenu à 11,2 jours.

À l’inverse, le Portugal reste en difficulté. Son retard moyen atteint 23,3 jours. Seules 21,2 % des entreprises règlent leurs fournisseurs à l’échéance.

L’Italie affiche 16,3 jours de retard. En Espagne, le retard moyen repasse au-dessus de 14 jours.

Enfin, l’Irlande connaît la plus forte dégradation. Le retard moyen atteint 15,8 jours, contre 12,7 jours un an plus tôt.

Les TPE et PME tirent la tendance

En France, toutes les catégories d’entreprises profitent de l’amélioration. Cependant, les écarts restent importants selon leur taille.

Les TPE de 1 à 9 salariés affichent 11,7 jours de retard moyen. Elles gagnent ainsi près de deux jours en un an.

Les PME de 10 à 49 salariés font encore mieux. Leur retard moyen tombe à 11,1 jours, contre 13 jours un an plus tôt.

En revanche, les grandes organisations restent moins vertueuses.

Les entreprises de 50 à 249 salariés affichent 13,4 jours de retard. Celles de 250 à 999 salariés atteignent 15,3 jours.

Enfin, les sociétés de plus de 1 000 salariés accusent encore 19,6 jours de retard.

L’écart avec les petites entreprises approche ainsi huit jours.

Le public reste plus en retard que le privé

Le secteur public améliore également ses délais de paiement. Toutefois, il reste moins performant que le privé.

Les administrations et organismes publics affichent 14 jours de retard en moyenne. Dans le secteur privé, le délai repasse sous les 12 jours.

Au deuxième trimestre 2026, le retard moyen des entreprises privées atteint 11,7 jours. Il retrouve ainsi un niveau proche de celui observé avant la dégradation de 2025.

Dans le détail, les sociétés commerciales passent sous 11,6 jours. Les entrepreneurs individuels atteignent également 11,6 jours.

Les associations restent davantage en difficulté. Leur retard moyen dépasse légèrement 13 jours.

Du côté du secteur public, les hôpitaux affichent les délais les plus importants. Ils règlent leurs factures avec plus de 24 jours de retard après le délai de règlement maximum.

Les EPIC améliorent toutefois leur situation. Leur retard moyen repasse sous 15 jours au deuxième trimestre 2026.

Les collectivités territoriales affichent, elles, une moyenne de 12,7 jours.

La construction parmi les bons élèves

Les performances varient fortement selon les secteurs. L’écart peut atteindre trois à quatre semaines entre les activités les plus vertueuses et celles qui rencontrent le plus de difficultés.

La construction figure parmi les secteurs les plus performants.

Dans le bâtiment, le retard moyen est limité à 8 jours. Les travaux publics repassent, eux, sous le seuil des 12 jours.

La promotion immobilière reste toutefois en difficulté. Son retard moyen approche 26 jours.

Le commerce et la réparation automobile affichent également de bons résultats. Leur retard moyen atteint 10,2 jours.

Dans le commerce de détail, les enseignes de sport et loisirs affichent seulement 7,4 jours. Le bricolage et l’équipement du foyer atteignent 8,5 jours.

Le commerce alimentaire revient à 11,4 jours. L’habillement affiche 13 jours.

L’industrie contient ses retards

L’industrie manufacturière affiche globalement une bonne discipline de paiement.

Plusieurs branches restent sous les 10 jours de retard. C’est notamment le cas du bois et des matériaux de construction, à 8,8 jours.

La réparation-maintenance atteint 9,1 jours. Les machines et équipements affichent 9,4 jours. Enfin, la métallurgie-mécanique atteint 9,8 jours.

À l’inverse, certains services aux entreprises affichent des délais beaucoup plus longs.

La sécurité atteint ainsi 26,9 jours. Les activités de production de films ou de sons atteignent 23 jours. La diffusion de programmes affiche 22 jours.

Le numérique reste également au-dessus de la moyenne nationale. Les éditeurs de logiciels atteignent 17,9 jours. Les services informatiques affichent 15,5 jours.

Le transport progresse

Dans les transports, la situation s’améliore également.

Le transport routier de marchandises affiche désormais 14,5 jours de retard. Il avait dépassé 17 jours au début de 2025.

Le transport de voyageurs suit la même trajectoire. Après avoir approché 20 jours de retard en 2025, il revient à 14,4 jours en 2026.

L’hébergement-restauration poursuit également son redressement.

Dans la restauration, le retard moyen recule rapidement. Il reste toutefois proche de 16 jours, à 15,8 jours.

Les débits de boissons et l’hébergement reviennent légèrement au-dessus de 11 jours.

Le monde agricole reste sous surveillance

La situation demeure plus fragile dans l’agriculture.

Les activités d’élevage ne repassent pas sous les 13 jours de retard depuis 2025. Les activités de culture connaissent des délais encore plus importants, avec plus de 14 jours.

Cette situation intervient dans un contexte de pression durable sur les revenus agricoles et les trésoreries d’exploitation.

D’autres secteurs restent également au-dessus de la moyenne nationale.

La santé humaine affiche 15,1 jours de retard malgré une baisse de trois jours en un an. L’action sociale revient à 13,4 jours.

Les activités culturelles atteignent encore un peu plus de 16 jours. L’enseignement réduit ses retards à 13,5 jours, contre près de 16 jours un an plus tôt.

Une amélioration encore fragile

Malgré ce redressement, Altares appelle à rester vigilant.

Le retard moyen dépasse encore 12 jours. Il reste donc supérieur aux niveaux observés avant la crise sanitaire. En 2018, il était descendu sous les 11 jours.

Thierry Millon souligne aussi le contexte économique encore fragile. Les tensions commerciales, l’instabilité géopolitique et les défaillances d’entreprises restent des facteurs de risque.

À fin août, plus de 71 700 défaillances d’entreprises étaient recensées.

Pour Altares, le véritable enjeu sera donc de maintenir cette amélioration dans la durée.