À la fin du troisième trimestre 2025, l’activité des secteurs suivis par le baromètre DLR / Astérès demeure orientée à la baisse sur un an. Distribution de matériels de BTP, location et manutention industrielle et agricole évoluent encore dans un environnement contraint, pour autant, plusieurs indicateurs laissent entrevoir des signaux de stabilisation, voire les prémices d’un redressement progressif.
Distribution de matériel BTP : un repli moins marqué
La distribution de matériel de BTP reste en territoire négatif, mais la dynamique s’améliore sensiblement par rapport aux trimestres précédents. Après une chute particulièrement sévère au deuxième trimestre (-18,1% sur un an), la baisse annuelle se limite à -7,3% au T3. Surtout, l’activité enregistre un rebond trimestriel de +3,2%, traduisant un frémissement de la demande.
Cette amélioration repose principalement sur le redressement du marché de l’occasion, en hausse de +6,9%, qui confirme son rôle d’amortisseur en période de tension économique. À l’inverse, le matériel neuf reste fortement pénalisé, avec un recul de -11,6%, reflet d’un report des investissements lourds et d’une prudence accrue des entreprises face à l’incertitude conjoncturelle.
Location de matériel : un net coup de frein
Après plusieurs trimestres de résilience, la location de matériel dans le baromètre DLR connaît un ralentissement marqué. L’activité recule de -6,7% sur un an et surtout de -12,1% par rapport au trimestre précédent. Cette baisse s’explique par plusieurs facteurs conjoncturels : contraintes opérationnelles durant la période estivale, intégration d’opérations de croissance externe, mais aussi un secteur du BTP toujours atone.
Par ailleurs, la pression sur les prix selon le baromètre DLR continue de peser sur la progression du chiffre d’affaires. Dans un contexte de concurrence accrue, les loueurs peinent à répercuter la hausse de leurs coûts, ce qui fragilise les marges malgré des volumes qui restent, historiquement, à des niveaux élevés.
Des perspectives encore conditionnées au contexte macroéconomique
Les perspectives pour la fin de l’année 2025 restent étroitement liées à l’évolution de l’environnement macroéconomique. La poursuite d’une politique monétaire plus accommodante et la stabilisation du contexte politique apparaissent comme des conditions essentielles à la reprise de l’investissement, identifiées par les acteurs du secteur comme des leviers majeurs.
Si les premiers signaux de reprise dans la construction neuve se confirment, et si les besoins liés à la rénovation, à la logistique et à la décarbonation s’intensifient, une normalisation progressive de l’activité pourrait s’amorcer. Dans l’intervalle, les entreprises devront continuer à adapter leurs modèles économiques, composer avec une demande encore hésitante et faire face à des marges durablement sous pression.
