Bâtiment : les perspectives à l’horizon 2030

Par Armand Rosam |

Le secteur du bâtiment cherche un second souffle après plusieurs années complexes. Une nouvelle étude de l'institut Xerfi analyse les perspectives de cette activité économique majeure. Les experts prévoient un redressement de la filière, mais ce rebond se fera sous de fortes contraintes.

Bâtiment : les perspectives à l’horizon 2030

Le secteur du bâtiment cherche un second souffle après plusieurs années complexes. Une nouvelle étude de l’institut Xerfi analyse les perspectives de cette activité économique majeure. Les experts prévoient un redressement de la filière, mais ce rebond se fera sous de fortes contraintes.

Le logement neuf amorce une reprise timide

Tout d’abord, l’État tente de relancer la construction résidentielle. Le plan « Relance logement » insuffle ainsi une nouvelle dynamique pour l’immobilier. Les pouvoirs publics fixent un objectif ambitieux de 400 000 nouveaux logements par an.

Cependant, Xerfi tempère cet optimisme. L’institut table plutôt sur une production réelle de 365 000 logements. En effet, l’environnement financier global reste particulièrement fragile pour les acheteurs.

Le tertiaire et la rénovation classique à la traîne

Ensuite, les perspectives s’avèrent plus sombres pour l’immobilier de bureau et le commerce. Ces marchés poursuivent une baisse structurelle. En revanche, le secteur de la logistique tire son épingle du jeu grâce à l’essor continu du e-commerce.

Par ailleurs, la rénovation traditionnelle souffre également. Les ménages reportent leurs travaux à cause de la hausse des devis et de la baisse des ventes immobilières. De plus, le grand public se tourne de plus en plus vers le bricolage pour économiser.

La rénovation énergétique reste le grand moteur

À l’inverse, la transition écologique soutient activement l’activité. Certes, les modifications récentes de MaPrimeRénov’ créent de l’incertitude et ralentissent certains dossiers.

Néanmoins, les Certificats d’économie d’énergie (CEE) compensent largement ces freins. L’enveloppe globale grimpe à 8 milliards d’euros par an. De plus, les obligations réglementaires forcent les propriétaires de bâtiments tertiaires à rénover massivement leurs parcs d’ici 2030.

Des finances sous surveillance pour les entreprises

Enfin, l’analyse financière montre des trajectoires différentes selon les métiers. Le chiffre d’affaires des professionnels du gros œuvre progresse rapidement, puis il va stagner. Le second œuvre bénéficie quant à lui d’une croissance plus régulière grâce aux contrats de maintenance.

Pourtant, la vigilance reste de mise pour l’ensemble des acteurs. Les tensions géopolitiques font remonter le prix des matières premières. Les entreprises du BTP ne pourront pas répercuter toutes ces hausses sur les clients, ce qui réduira mécaniquement leurs marges.