Avec 38 640 unités écoulées en 2025, le marché des matériels de construction sauve quelque peu les apparences puisque le C-Mat (ex-Seimat, lire par ailleurs) avait tablé, lui, sur 38 000 machines sur l’exercice. Cependant, dans le détail, le marché reste en deçà de ses standards. Investissements des loueurs, retour de la confiance et une dose d’optimisme, devraient être les ingrédients pour espérer une croissance de 3% à 39 700 unités fin 2026.
C’est l’histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide. Tout dépend qu’elle est notre nature profonde. Le C-Mat (ex-Seimat) avait misé sur un marché en retrait pour 2025 à 38 000 unités. Résultat ? Fin 2025, le marché des matériels de construction s’est conclu à 38 640 unités pour finalement être étale (-1%). Un résultat relativement flatteur si on prend en compte le contexte économique global : une croissance faible (0,9%), incertitude budgétaire, instabilité gouvernementale, coupes budgétaires des collectivités territoriales, tensions sur les trésoreries des PME/PMI…
En attendant les loueurs
Dans ce contexte, les ventes de matériels lourds ont logiquement reculé de 13% à 3 335 unités en 2025, soit à peine mieux qu’en 2015 quand la barre était passée sous les 3 000 unités. Dans cette activité, aucune des familles de produits ne progressent hormis les bulls dans des volumes restreints (152 unités à +27%).
Après un 1er trimestre 2025 vraiment inquiétant (-20%), le marché des matériels compacts a redressé la barre pour ne reculer « que » de 5% à 13 217 unités. Un résultat largement amputable aux loueurs dont les investissements ont reculé de 27% en 2025 dans leurs achats de matériels compacts dont 25% sur les seules mini-pelles (de 1862 à 1393 unités), ce segment reculant au global de 7% bien en deçà de la barre des 10 000 unités. « Les loueurs sont restés très attentistes l’an passé et leurs poids s’est considérablement réduit à 14% du volume contre 26% en moyenne sur les 10 dernières années », fait remarquer le C-Mat. « La hausse du prix des matériels opérée post Covid a impacté la location et déplacé les investissements. Toutefois, il y a tout lieu de croire qu’ils seront plus importants en 2026 », précise pour sa part, Davy Guillemard, président du C-Mat.
Si la famille du compactage routier affiche, dans ce décor, une insolente croissance de 21% à 13 369 unités, celle-ci est essentiellement due au sursaut des pilonneuses et plaques (+23%) lesquelles « dont les ventes devraient logiquement retomber en 2026 », prévient Antoine Mayolle, vice-président du C-Mat. De leurs côtés, le marché des matériels béton a continué de s’effondrer l’an dernier, à l’image d’un secteur du bâtiment en net repli pour la troisième année consécutive (-4 % par rapport à 2024). Enfin, le matériel levage n’a pas plus résisté en 2025 avec des ventes globales en retrait de 14% à 8359 unités (-34% sur les pelles industries, -14% pour les téléscopiques industriels).
Transition optimiste
Malgré tout, le C-Mat et les professionnels s’attendent à un exercice 2026 « en transition » : « 2026 sera une année contrainte mais nous ne prévoyons pas de nouvel effondrement », estime le syndicat tablant sur un exercice 2026 en hausse de 3% à 39 700 unités (*). En espérant bien mieux en 2027.
(*)Prévisions C-Mat pour 2026 :
Matériels lourds : +5%/3 500 unités
Matériels compacts : +4%/13 800 unités
Route : +1%/13 500 unités
Béton : +10%/ 400 unités
Levage : +2%/8 500
