À l’approche des mobilisations prévues du 23 au 26 mai sous l’appellation « Printemps des luttes locales », l’Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (UNICEM) tire la sonnette d’alarme. L’organisation professionnelle dénonce des appels à bloquer, occuper ou perturber des sites industriels, visant notamment les acteurs de la filière minérale. Pour elle, ces actions dépassent le cadre du débat démocratique et relèvent d’une logique de confrontation susceptible de désorganiser l’économie.
Selon l’UNICEM, ces initiatives ne sont pas de simples formes de protestation symbolique. Elles impliquent des intrusions et des blocages dans des environnements industriels soumis à des garanties stricts de sécurité. L’organisation met en garde contre des risques d’accidents graves, engageant la responsabilité des organisateurs et mettant potentiellement en danger la vie des salariés comme celle des manifestants.
Une filière stratégique au cœur du fonctionnement du pays
Au-delà des enjeux de sécurité, l’UNICEM rappelle le rôle central de la filière des matériaux de construction dans le fonctionnement quotidien du pays. Logements, infrastructures de transport, établissements scolaires ou hospitaliers : tous reposent sur l’exploitation et la transformation de ressources minérales. Toute entrave à cette chaîne de production pourrait, selon elle, avoir des conséquences directes sur l’économie réelle et sur la vie des Français.
L’organisation insiste également sur un point souvent négligé dans le débat public : la transition écologique elle-même dépend fortement de ces matériaux. Les infrastructures nécessaires aux énergies renouvelables, à la mobilité décarbonée ou à la rénovation énergétique mobilisent massivement béton, granulats et autres ressources minérales. Freiner la production locale reviendrait, selon l’UNICEM, à accroître les importations, avec un impact négatif sur l’empreinte carbone et la souveraineté industrielle.
Des conséquences humaines et économiques redoutées
Derrière les sites industriels ciblés, l’UNICEM rappelle qu’il y a des milliers de salariés, souvent implantés dans des territoires ruraux ou périurbains. Ces emplois, non délocalisables, participent à la vitalité économique locale et à l’équilibre des territoires. L’organisation refuse que ces salariés deviennent, selon ses termes, les « victimes collatérales » d’actions militantes.
Elle alerte également sur les risques de dégradations matérielles : détérioration d’équipements, saccage de sites ou destruction de véhicules pourraient entraîner des pertes financières importantes pour des entreprises déjà fragilisées par un contexte économique incertain. Au-delà des dommages matériels, l’UNICEM évoque un possible traumatisme pour les salariés, confrontés à des attaques visant directement leur outil de travail et leur engagement professionnel.
Un appel à l’action des pouvoirs publics
Face à cette situation, l’UNICEM appelle l’État à prendre ses responsabilités. Elle demande notamment de garantir la sécurité des sites et des salariés, de prévenir toute action illégale et d’assurer la continuité des activités économiques jugées essentielles. L’organisation souhaite également une condamnation publique claire des appels à des actions qu’elle considère comme dangereuses.
Enfin, l’UNICEM rejette les « caricatures » visant la filière et rappelle les efforts engagés en matière de transition environnementale : réduction de l’empreinte carbone, développement du recyclage, préservation de la biodiversité et gestion plus sobre des ressources. Pour elle, seul un débat fondé sur des faits et non sur des oppositions simplistes permettra de concilier enjeux industriels et impératifs écologiques.
