Transmission de PME dans le BTP : un marché en pleine recomposition

Par Armand Rosam |

Alors que le marché global des cessions-acquisitions de PME a reculé de –12 % en 2025, le secteur du BTP fait preuve d’une relative solidité. Avec 132 opérations recensées, la baisse reste limitée à –4 %, contrastant fortement avec d’autres secteurs comme les services (–45 %) ou la distribution (–34 %).

Transmission de PME dans le BTP : un marché en pleine recomposition

Un secteur du BTP plus résistant que la moyenne en 2025

Alors que le marché global des cessions-acquisitions de PME a reculé de –12 % en 2025, le secteur du BTP fait preuve d’une relative solidité. Avec 132 opérations recensées, la baisse reste limitée à –4 %, contrastant fortement avec d’autres secteurs comme les services (–45 %) ou la distribution (–34 %).

Après le rebond observé en 2024, le marché entre désormais dans une phase de stabilisation, qui traduit moins un ralentissement qu’un changement de nature des opérations.

La montée en puissance des stratégies de build-up

Dans un contexte économique plus incertain, les stratégies de croissance externe s’imposent comme un levier structurant dans le BTP.

Aujourd’hui, les opérations de type build-up représentent près de 40 % des transactions dans le secteur.

Cette dynamique répond à plusieurs objectifs clés :

  • changer rapidement d’échelle
  • renforcer le positionnement sur des marchés fragmentés
  • proposer des offres plus intégrées
  • sécuriser les marges dans un environnement sous tension

Dans le BTP, ces opérations permettent également d’élargir les expertises techniques et de mieux répondre à des marchés publics et privés de plus en plus complexes.

Un marché encore dominé par les dirigeants

Le marché de la transmission dans le BTP conserve une forte dimension entrepreneuriale.
Les actionnaires privés représentent 85 % des cessions, preuve que les décisions restent largement liées à des trajectoires individuelles.

Côté acquéreurs, la présence des fonds d’investissement progresse :

  • 23 % des opérations à l’achat
  • contre seulement 14 % côté vendeurs

Cette asymétrie illustre un marché en transition, marqué par une financiarisation progressive, sans pour autant remettre en cause le poids des dirigeants historiques.

Transition énergétique, numérique, RH : des moteurs de consolidation

Au-delà des effets conjoncturels, le secteur du BTP est traversé par des transformations structurelles majeures qui accélèrent les rapprochements entre entreprises :

  • transition énergétique et décarbonation des chantiers
  • renforcement des exigences réglementaires
  • investissements dans les outils numériques
  • tensions persistantes sur les ressources humaines

Dans ce contexte, la croissance externe devient un outil stratégique pour :

  • intégrer rapidement de nouvelles compétences
  • accéder à de nouveaux marchés
  • structurer des organisations plus robustes

Comme le souligne Xavier Rodriguez, CEO du groupe Jarnias : « la croissance externe permet d’ouvrir de nouveaux champs d’intervention et d’intégrer des expertises techniques supplémentaires », tout en rappelant que l’enjeu clé reste l’intégration post-acquisition, déterminante dans les premiers mois.

2026 : vers un marché plus sélectif

Dans un environnement marqué par les incertitudes macroéconomiques et géopolitiques, le marché des transmissions de PME dans le BTP devrait devenir plus exigeant en 2026.

Les entreprises les plus attractives seront celles qui présentent :

  • une gouvernance structurée
  • une visibilité sur leur activité
  • un réel potentiel de transformation

À l’inverse, les structures trop dépendantes de leur dirigeant ou insuffisamment préparées pourraient voir leur valorisation se dégrader.

Les échéances politiques à venir pourraient également accélérer certaines décisions de cession, incitant les dirigeants à anticiper leurs opérations dans un contexte encore incertain.

Un marché en mutation, reflet des transformations du BTP

La recomposition du marché des transmissions de PME dans le BTP reflète une évolution plus large du secteur :
concentration des acteurs, montée en technicité et adaptation aux enjeux environnementaux et économiques.

Dans ce paysage en mutation, les opérations de croissance externe apparaissent désormais comme un levier incontournable pour rester compétitif.