Baromètre DLR / Asterès T1 2026 : activité contrastée dans le matériel

Par Armand Rosam |

Le verdict du premier trimestre 2026 est tombé. Le nouveau baromètre DLR / Asterès révèle une situation très hétérogène pour les entreprises de la distribution, de la location et de la maintenance de matériels de chantier et de manutention (DLR). Si la reprise du bâtiment redonne des couleurs à la vente de machines, l’attentisme macroéconomique pèse lourdement sur la location et la manutention.

Baromètre DLR / Asterès T1 2026 : activité contrastée dans le matériel

Le verdict du premier trimestre 2026 est tombé. Le nouveau baromètre DLR / Asterès révèle une situation très hétérogène pour les entreprises de la distribution, de la location et de la maintenance de matériels de chantier et de manutention (DLR). Si la reprise du bâtiment redonne des couleurs à la vente de machines, l’attentisme macroéconomique pèse lourdement sur la location et la manutention.

Analyse d’un marché du BTP qui navigue à vue entre signaux verts et pressions inflationnistes.

Un contexte économique français encore fragile

Le premier trimestre 2026 s’est ouvert dans un climat économique globalement frileux. Le PIB français affiche un léger repli de -0,1 %, impacté par la baisse de la consommation des ménages et un ralentissement général des investissements.

À cela s’ajoute une nouvelle accélération de l’inflation. Alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la hausse des prix de l’énergie et des carburants commence à se diffuser aux consommations intermédiaires, pénalisant les industries les plus énergivores. Une situation complexe qui force les acteurs du BTP et de l’industrie à la prudence.

La distribution sourit, la location et la manutention trinquent

Dans ce paysage mouvant, les différents métiers de la fédération DLR évoluent à des rythmes radicalement opposés.

Distribution de matériels : +3,1 %

C’est la bonne surprise de ce début d’année. La distribution progresse de 3,1 %, portée par l’embellie du secteur de la construction. Initiée fin 2025, la reprise se confirme grâce à la hausse des permis de construire et des mises en chantier. Le moral des professionnels du bâtiment s’améliore, et la production industrielle reste supérieure à sa moyenne de long terme, ce qui soutient directement l’achat de matériels neufs.

Location de matériels : -2,0 %

À l’inverse, le marché de la location de courte et longue durée recule de 2,0 %. Les entreprises de travaux publics et du bâtiment semblent privilégier la visibilité de l’achat de parcs plutôt que la flexibilité de la location, dans un contexte où les carnets de commandes se gèrent à plus court terme.

Manutention : -2,9 %

La manutention enregistre la baisse la plus marquée du trimestre (-2,9 %). Ce repli est principalement dû à l’effondrement des ventes de matériels neufs et d’occasion. Heureusement, le secteur limite la casse grâce à la bonne résilience de ses activités de services, notamment la maintenance et les contrats d’entretien.

Le spectre des taux d’intérêt plane sur le BTP

Pour le reste de l’année 2026, les chefs d’entreprise du secteur DLR restent sur leurs gardes. L’attentisme des clients est renforcé par le manque de visibilité économique et le coût de l’énergie.

Le principal point de vigilance concerne la réaction de la Banque Centrale Européenne (BCE). Si l’inflation de l’énergie se propage trop aux prix à la consommation, la BCE pourrait décider de durcir à nouveau sa politique monétaire.

Le risque majeur pour le BTP : Une nouvelle hausse des taux d’intérêt gripperait directement l’accès au crédit pour les promoteurs et les acheteurs. Un tel scénario briserait l’élan de la distribution de machines et accentuerait la pression sur les loueurs et les spécialistes de la manutention.

L’évolution des prochains mois dépendra donc grandement de la stabilité des coûts énergétiques mondiaux et de la capacité du secteur de la construction à maintenir sa reprise naissante.