Alors que la France traverse une crise du logement particulièrement aiguë, la question du niveau d’investissement public s’impose. Pour répondre à l’urgence sociale et climatique, La France Insoumise (LFI) détaille dans son programme L’Avenir en commun un « Plan d’investissement productif BTP/Logement » en vue des échéances de 2027. Ce projet ambitieux vise à refondre la politique de l’habitat tout en redynamisant l’ensemble du secteur de la construction.
Un constat alarmant sur le marché de l’habitat
Aujourd’hui, le diagnostic du secteur immobilier révèle des fragilités majeures. En effet, la France compte désormais plus de 350 000 personnes sans domicile fixe et près de 2,8 millions de ménages en attente d’un logement public. Parallèlement, plus de 3 millions de logements restent vacants sur le territoire, tandis que les dépenses liées à l’habitat absorbent en moyenne 28 % du budget des familles.
À cette tension sociale s’ajoute une urgence environnementale globale. Le parc immobilier français abrite encore plus de 3 millions de passoires thermiques. De plus, de nombreux bâtiments se révèlent inadaptés aux vagues de chaleur estivales, devenant de véritables « bouilloires thermiques » lors des canicules.
400 000 logements abordables par an
Pour résorber cette pénurie, le plan de LFI fixe la création de 400 000 logements abordables par an sur cinq ans. Cette feuille de route repose prioritairement sur la production de 200 000 logements publics annuels. Toutefois, la stratégie ne s’appuie pas uniquement sur la construction neuve.
De ce fait, la mobilisation du parc existant occupera une place centrale. Le programme prévoit de transformer des bureaux et locaux commerciaux inutilisés, mais aussi de renforcer la fiscalité sur les logements vacants et de limiter les locations touristiques de courte durée. En outre, pour faciliter l’accès à la propriété des ménages populaires, le plan mise sur le développement à grande échelle du bail réel solidaire et sur des crédits aidés via un pôle public bancaire.
Une rénovation énergétique massive et éco-responsable
Sur le plan de la transition écologique, l’ambition s’articule autour de la rénovation globale du bâti. LFI préconise ainsi d’isoler au moins 700 000 logements par an pour éradiquer définitivement les passoires énergétiques. Pour soutenir les ménages les plus modestes, un dispositif de prise en charge allant jusqu’à 100 % du montant des travaux est avancé.
Par ailleurs, le plan accorde une importance clé aux matériaux biosourcés et géosourcés, comme le bois, la terre crue ou la paille. L’objectif affiché est d’intégrer 50 % de ces matériaux dans les rénovations lourdes et constructions de la commande publique d’ici 2032. Enfin, la décarbonation du chauffage passe par le remplacement progressif des chaudières au fioul et au gaz au profit des pompes à chaleur ou des réseaux de chaleur urbains.
Emploi et formation en relais de croissance
L’application de cette planification stratégique nécessitera des moyens financiers et humains très importants. D’après les estimations présentées dans le document, ce plan d’investissement productif engagerait 12 milliards d’euros par an d’investissements supplémentaires directs de l’État, complétés par l’intervention du pôle public bancaire.
En contrepartie, ces orientations permettraient de créer plus de 300 000 emplois non délocalisables dans le secteur du bâtiment. Afin d’absorber cette charge de travail et d’assurer un haut niveau de qualité, le programme fixe un objectif de formation pour 250 000 salariés aux techniques de rénovation thermique et de construction bas-carbone d’ici 2030.
