L’éclatement du conflit au Moyen-Orient et les intempéries mettent à mal le secteur des matériaux de construction en début d’année 2026. Les granulats restent notamment pénalisés par le ralentissement des travaux publics en période de cycle électoral.
Une baisse marquée début 2026
Selon les données provisoires du début d’année 2026, l’activité des matériaux de construction enregistre un net repli, confirmant les tensions persistantes dans le secteur du BTP.
La production de granulats et de béton prêt à l’emploi (BPE) accuse ainsi une baisse significative :
- –6 % sur un mois
- –8 % sur un an (données CVS-CJO)
Cette contraction touche l’ensemble de la filière, avec des dynamiques différenciées selon les matériaux.
Granulats : une tendance contrastée mais orientée à la baisse
Sur les trois derniers mois (décembre à février), la production de granulats reste légèrement positive (+1 %), mais cette amélioration masque une tendance plus fragile :
- –3,9 % sur un an
- –4 % sur les deux premiers mois de 2026
- –2,1 % sur 12 mois glissants
Ces chiffres traduisent un ralentissement structurel, en particulier lié au recul des travaux publics et à un contexte économique incertain.
BPE : une contraction qui se confirme
Du côté du béton prêt à l’emploi, la situation apparaît encore plus dégradée. Les livraisons peinent à se stabiliser :
- –0,8 % sur le trimestre
- –3,1 % sur un an
- –4,6 % sur janvier-février
- –2,7 % sur 12 mois glissants
Le BPE reste ainsi directement impacté par les perturbations de chantiers et les aléas conjoncturels.
Intempéries : un facteur du décrochage
Ce début d’année 2026 déçoit, d’autant plus que la fin 2025 laissait entrevoir un redressement de l’activité.
La principale explication réside dans des conditions météorologiques exceptionnelles :
- +30 % de pluviométrie en janvier
- février 2026 : mois le plus pluvieux depuis 1959 en France
Ces intempéries ont fortement perturbé les chantiers, entraînant un ralentissement généralisé des productions et livraisons de matériaux.
Vers un rattrapage de l’activité dans les prochains mois ?
L’impact des conditions climatiques laisse toutefois envisager un rattrapage partiel de l’activité dans les mois à venir, à mesure que les chantiers reprendront un rythme normal.
L’indicateur global des matériaux reste néanmoins fragile :
- –2,6 % entre décembre et janvier
- +0,2 % sur un an
- tendance légèrement négative autour de –1 % sur les derniers mois
Si certains segments montrent des signes de stabilisation, le BPE et le ciment restent les plus en difficulté, confirmant une reprise encore incertaine pour l’ensemble du secteur des matériaux de construction.
