Les dépendances vertes des infrastructures rythment le BTP

Par Armand Rosam |

Longtemps considérés comme de simples espaces techniques, les accotements, talus, berges ou emprises ferroviaires changent progressivement de statut. Ces dépendances vertes préservent en réalité la biodiversité. De plus, ils renforcent les continuités écologiques adaptent les territoires au changement climatique.

Les dépendances vertes des infrastructures rythment le BTP

Les abords des infrastructures, un nouvel atout pour la transition écologique

Longtemps considérés comme de simples espaces techniques, les accotements, talus, berges ou emprises ferroviaires changent progressivement de statut. Ces dépendances vertes préservent en réalité la biodiversité. De plus, ils renforcent les continuités écologiques adaptent les territoires au changement climatique.

Cette évolution est au cœur d’un nouvel ouvrage publié par les Éditions Quæ, Les dépendances vertes des infrastructures de transport : des espaces de biodiversité à valoriser. L’auteure, Claire Étrillard, ingénieure de recherche à INRAE, analyse la manière dont ces espaces peuvent être intégrés aux stratégies de gestion des infrastructures.

Un nouveau regard sur les infrastructures de transport

Routes, voies ferrées, canaux, voies navigables ou encore lignes électriques à haute tension constituent un vaste réseau qui structure les territoires. Leurs abords représentent plusieurs milliers d’hectares d’espaces souvent peu urbanisés.

Selon l’ouvrage, ces emprises peuvent devenir de véritables refuges pour la faune et la flore locales. Elles jouent également un rôle de corridors écologiques. En effet, elles reconnectent des milieux naturels parfois fragmentés par les infrastructures elles-mêmes.

Dans un contexte marqué par les politiques européennes et françaises de restauration de la nature, leur valorisation est un devoir pour les gestionnaires d’infrastructures.

Des pratiques d’entretien qui favorisent la biodiversité

L’ouvrage met en avant plusieurs méthodes de gestion déjà expérimentées sur le terrain.

Le fauchage tardif constitue l’une des pratiques les plus efficaces pour préserver les cycles de reproduction de nombreuses espèces végétales et animales. L’écopâturage offre également une solution d’entretien plus respectueuse des milieux naturels.

Ces démarches reposent généralement sur des partenariats entre gestionnaires d’infrastructures, collectivités, associations environnementales et acteurs agricoles. Elles permettent de concilier sécurité des ouvrages, maîtrise des coûts d’entretien et préservation de la biodiversité.

Un enjeu pour les maîtres d’ouvrage et les gestionnaires

Au-delà des aspects écologiques, la gestion des dépendances vertes devient un véritable sujet de gouvernance.

L’ouvrage revient sur l’évolution du cadre juridique et montre comment la biodiversité s’intègre progressivement dans les politiques publiques liées aux infrastructures. Il propose également des recommandations pour développer une gestion concertée, mettre en place des financements pérennes et renforcer la coopération entre les différents acteurs des territoires.

Pour les maîtres d’ouvrage, les concessionnaires, les entreprises de travaux publics et les gestionnaires de réseaux, cette approche ouvre de nouvelles perspectives. Elle permet d’intégrer les enjeux environnementaux dès l’exploitation des infrastructures existantes, sans remettre en cause les impératifs de sécurité ou de performance technique.

La biodiversité s’impose dans la gestion des infrastructures

Alors que la transition écologique transforme progressivement les métiers du BTP, les dépendances vertes apparaissent comme un nouveau champ d’innovation.

Leur valorisation ne relève plus uniquement de la protection de la nature. Elle participe désormais à la résilience des territoires, à l’amélioration des services écosystémiques et à la performance environnementale des infrastructures.

Pour les acteurs de la construction, des travaux publics et des réseaux, ces espaces représentent ainsi un levier supplémentaire pour répondre aux nouvelles exigences réglementaires et aux objectifs de développement durable.