Construction : une résistance fragile face à la hausse des défaillances début 2026

Par Armand Rosam |

Malgré un contexte économique tendu marqué par près de 19 000 défaillances d’entreprises au 1er trimestre 2026 (+6,4 %), le secteur de la construction montre des signes de résistance, selon les données publiées par Altares.

Construction : une résistance fragile face à la hausse des défaillances début 2026

Malgré un contexte économique tendu marqué par près de 19 000 défaillances d’entreprises au 1er trimestre 2026 (+6,4 %), le secteur de la construction montre des signes de résistance, selon les données publiées par Altares.

Une stabilité globale qui masque de fortes disparités

Alors que l’économie française franchit un nouveau seuil critique avec plus de 71 000 défaillances sur 12 mois, la construction affiche une évolution contenue à +1,7 %.

Un chiffre à relativiser : derrière cette apparente stabilité se cachent des dynamiques très contrastées entre les différents segments du BTP.

Le gros œuvre tire la résistance du secteur

Bonne nouvelle pour les acteurs du bâtiment : le gros œuvre enregistre une amélioration notable.

  • -9 % de défaillances sur le trimestre
  • forte baisse en maçonnerie (-12 %)
  • recul marqué dans les travaux publics (-20 %)
  • chute des défaillances en terrassement (-26 %)

Ces résultats traduisent une meilleure tenue des activités structurantes, souvent soutenues par les marchés publics et les grands chantiers.

Le second œuvre sous pression

À l’inverse, le second œuvre continue de se dégrader, avec une hausse de +8 % des défaillances.

Les activités les plus touchées :

  • peinture et vitrerie : +25 %
  • menuiserie bois et PVC : +17 %

Ces métiers, plus dépendants de la demande des particuliers et de la rénovation, subissent de plein fouet le ralentissement du marché immobilier et la baisse des investissements.

Construction de maisons : une légère dégradation

Le segment de la construction de maisons individuelles montre également des signes de fragilité :

  • +5 % de défaillances
  • 245 entreprises concernées

Une évolution qui s’inscrit dans la continuité d’un marché du logement neuf en difficulté.

Les jeunes entreprises du bâtiment particulièrement exposées

Les entreprises créées depuis moins de trois ans sont les plus vulnérables.

Dans ce segment :

  • le gros œuvre et second œuvre représentent 14 % des défaillances
  • la majorité des procédures fait suite à une cessation de paiement

Un signal préoccupant pour le renouvellement du tissu entrepreneurial dans le BTP.

Les TPE du bâtiment en première ligne

Comme dans l’ensemble de l’économie, les très petites entreprises concentrent l’essentiel des défaillances.

  • 75 % des procédures concernent des microentreprises
  • souvent faiblement capitalisées
  • fortement exposées aux retards de paiement

Dans la construction, cette fragilité est accentuée par :

  • la pression sur les marges
  • la hausse des coûts
  • les tensions sur la trésorerie

Une résilience à confirmer dans un contexte incertain

Malgré ces difficultés, certains signaux restent encourageants :

  • meilleure tenue des TPE de 3 à 9 salariés
  • dynamique positive pour les PME de 10 à 19 salariés
  • résistance des activités de gros œuvre et travaux publics

Mais la hausse globale des défaillances et le niveau record d’emplois menacés (75 000) rappellent la fragilité de l’écosystème.

Un secteur clé sous surveillance

Si la construction parvient à mieux résister que d’autres secteurs début 2026, cette stabilité reste précaire. Entre un gros œuvre solide et un second œuvre en difficulté, le BTP évolue dans un équilibre fragile, fortement dépendant de la reprise de l’investissement et de l’amélioration des conditions de marché.