Face à un marché routier arrivé à maturité, Colas France et Outre-Mer accélère sa transformation. Le groupe mise désormais sur quatre relais de croissance : l’aménagement paysager, le recyclage, la gestion des risques climatiques et les métiers de l’eau.
Pendant longtemps, la route a constitué le principal moteur de croissance de Colas. Ce socle demeure essentiel. Toutefois, il ne suffit plus à lui seul à alimenter le développement du groupe.
« Le marché français est aujourd’hui devenu un marché d’entretien et de maintenance », constate Thierry Méline, directeur général de Colas France et Outre-Mer.
Pour répondre à cette évolution, Colas poursuit une diversification engagée depuis une dizaine d’années. L’entreprise cherche désormais à valoriser son maillage territorial, composé de 300 agences, pour développer de nouveaux marchés.
« Cet ancrage constitue un bras de levier extraordinaire », estime le dirigeant.
Le paysage, premier relais de croissance
L’aménagement paysager figure parmi les priorités du groupe. Ce marché représente environ 8 Md€ et demeure particulièrement fragmenté.
Colas multiplie les acquisitions ciblées. L’entreprise recherche principalement des PME réalisant entre 1 et 30 M€ de chiffre d’affaires. La récente acquisition de Brosseau Paysagiste illustre cette stratégie.
L’ambition est de bâtir un réseau national à partir d’acteurs locaux. D’ici deux ans, Colas souhaite disposer d’une structure spécialisée dans chaque département.
Le groupe vise à terme 5 % de parts de marché.
Transformer la compétence matériaux en activité de croissance
Le recyclage constitue un deuxième levier stratégique. Avec Valormat, Colas dispose déjà de 240 plateformes dédiées à la valorisation des matériaux.
Le groupe prévoit de porter ce réseau à 400 sites d’ici 2027.
Cette activité répond à plusieurs enjeux. D’abord, les ressources naturelles deviennent plus difficiles à exploiter. Ensuite, les contraintes réglementaires pèsent davantage sur les carrières. Enfin, les coûts de transport augmentent avec l’éloignement des sites d’extraction.
Dans ce contexte, l’économie circulaire apparaît comme un marché durablement porteur.

Le site Nexstone, situé à la carrière de Moins dans le Rhône, constitue un espace clé pour la valorisation de la marque Nexstone et pour la mise en avant des activités menées sur place. Ce site regroupe des collaborateurs, des installations dédiées et la plateforme Valormat, illustrant l’expertise et le savoir-faire de l’entreprise dans ses domaines d’activité. Crédit : COLAS – LATRY Matthieu / Les Lumineurs
Le climat crée de nouveaux marchés
Le changement climatique modifie également les besoins des collectivités.
Pour Colas, cette évolution ouvre de nouvelles perspectives. Le groupe lance ainsi Colas Emergency, une offre dédiée à la gestion des situations d’urgence.
Six agences spécialisées verront le jour dans les territoires les plus exposés. Elles interviendront après des inondations, des glissements de terrain ou des accidents industriels.
Au-delà de la gestion de crise, Colas entend développer une offre de prévention. L’objectif est d’accompagner les maîtres d’ouvrage dans l’adaptation de leurs infrastructures.
L’eau monte en puissance
Autre relais identifié par le groupe : les métiers de l’eau.
Troisième canalisateur français, Colas a généré 320 M€ de chiffre d’affaires dans cette activité en 2025. À cela s’ajoutent environ 45 M€ issus de chantiers de VRD intégrant une dimension hydraulique.
Selon Thierry Méline, ce marché offre encore un fort potentiel de développement. À terme, le groupe vise 500 M€ de chiffre d’affaires.
Une diversification adossée au réseau local
Ces quatre activités présentent un point commun. Elles reposent toutes sur les compétences historiques du groupe et sur son maillage territorial.
« Ce sont des activités majoritairement accessibles à une agence Colas traditionnelle », souligne Thierry Méline.
Cette approche permet à l’entreprise d’étendre progressivement son offre sans bouleverser son organisation. Elle illustre également une évolution plus profonde du secteur. La croissance ne repose plus uniquement sur la construction d’infrastructures neuves. Elle passe désormais par leur entretien, leur adaptation et leur résilience.
Pour Colas, cette mutation représente autant un défi qu’une opportunité.
