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Yanmar : « En termes d’électrification, Saint-Dizier occupe une place prépondérante »

Par Paul Lecaplain |

À l’heure où Yanmar renforce son ancrage industriel en France, le site de Saint-Dizier s’impose plus que jamais comme une pièce maîtresse de la stratégie européenne du constructeur japonais. Entre transfert de production depuis l’Allemagne, investissements de 6,5 millions d’euros, montée en puissance des effectifs et développement des futures générations de machines électriques, Stéphane Lampaert, directeur du site, détaille les ambitions et les défis d’une usine appelée à jouer un rôle central dans l’avenir de la marque en Europe.

Yanmar : « En termes d’électrification, Saint-Dizier occupe une place prépondérante »

Business BTP : Yanmar a choisi de faire de Saint-Dizier son principal site de production européen. Quels ont été les critères déterminants qui ont conduit le groupe à privilégier ce site plutôt qu’un autre en Europe ?

Stéphane Lampaert : Fort de près de 40 années d’expérience, le site de Saint-Dizier a démontré sa flexibilité, sa capacité d’adaptation ainsi que son aptitude à maintenir un haut niveau de productivité et de qualité. Par ailleurs, les possibilités d’extension du site, grâce à l’acquisition de terrains et de bâtiments voisins, ont permis d’envisager la création de nouvelles lignes de production.

Dans ce contexte, lorsque la décision de fermer l’usine de Crailsheim a été prise, le regroupement des activités de production à Saint-Dizier s’est imposé comme une évidence.

Business BTP : L’investissement de 6,5 millions d’euros et la création d’environ 80 emplois marquent une étape importante. Quel impact économique attendez-vous pour le territoire de Saint-Dizier et la Haute-Marne dans les prochaines années ?

Stéphane Lampaert : Il s’agit d’une première étape afin de transférer la production des chargeuses de Crailsheim vers Saint-Dizier. Les conditions actuelles du marché ne sont pas des plus favorables ; les recrutements sont en ligne avec le carnet de commandes. Dès que le marché montrera des signes de reprise, les cadences de production seront amenées à être augmentées et de nouveaux recrutements seront à prévoir (ce qui vaut également pour la ligne historique de fabrication des mini-pelles).

Dans le futur, le développement des nouvelles gammes de produits va aussi créer des besoins de recrutement dans la R&D ainsi que dans les fonctions support.

Au-delà des emplois directs créés par l’usine, cette augmentation des volumes de production a un effet positif sur l’écosystème local, avec une activité accrue pour les fournisseurs locaux, principalement dans le domaine du transport et de la logistique.

Business BTP : Le transfert de la production des chargeuses sur pneus depuis l’Allemagne représente un changement majeur. Quels défis industriels et humains avez-vous dû relever pour accompagner cette réorganisation ?

Stéphane Lampaert : Le principal défi est d’acquérir à Saint-Dizier le savoir-faire existant depuis des années à Crailsheim. La partie industrielle n’était pas la plus compliquée, le processus a été copié sur celui existant. Par contre, la formation des opérateurs a été un point essentiel du succès du projet. Les futurs opérateurs de production des chargeuses ont passé plusieurs mois à Crailsheim aux côtés de leurs confrères allemands sur le convoyeur d’assemblage, afin d’apprendre le produit et son processus d’assemblage. Le dernier défi a été logistique, avec le transfert des stocks de composants dans un délai très court entre la fin de production en Allemagne et le démarrage en France.

Business BTP : L’électrification, la connectivité et les technologies de sécurité sont des thèmes avancés comme axes d’innovation. Quel rôle le site de Saint-Dizier jouera-t-il concrètement dans le développement des futures générations de machines Yanmar ?

Stéphane Lampaert : Le site n’est pas seulement une usine, mais aussi le centre de R&D européen. Les futurs modèles spécifiques aux marchés européens ainsi que les chargeuses sont exclusivement développés à Saint-Dizier, tandis que les projets globaux sont partagés avec le Japon. En termes d’électrification, Saint-Dizier occupe une place prépondérante, puisque l’intégralité de la gamme électrique actuelle et future est développée exclusivement à Saint-Dizier (il y a encore peu de demande au Japon et en Amérique du Nord pour cette énergie).

Business BTP : L’objectif est d’atteindre la pleine capacité opérationnelle rapidement. Quels sont les principaux enjeux ou risques à maîtriser pour respecter ce calendrier ambitieux ?

Stéphane Lampaert : Le transfert de production a été réalisé en 10 mois, entre l’annonce (et le début des activités opérationnelles) et le démarrage de la production en janvier 2026. Entre janvier et mars, la production a augmenté régulièrement pour atteindre le volume cible dès avril 2026.