Business BTP : Yanmar a choisi de faire de Saint-Dizier son principal site de production européen. Quels ont été les critères déterminants qui ont conduit le groupe à privilégier ce site plutôt qu’un autre en Europe ?
Stéphane Lampaert : Fort de près de 40 années d’expérience, le site de Saint-Dizier a démontré sa flexibilité, sa capacité d’adaptation ainsi que son aptitude à maintenir un haut niveau de productivité et de qualité. Par ailleurs, les possibilités d’extension du site, grâce à l’acquisition de terrains et de bâtiments voisins, ont permis d’envisager la création de nouvelles lignes de production.
Dans ce contexte, lorsque la décision de fermer l’usine de Crailsheim a été prise, le regroupement des activités de production à Saint-Dizier s’est imposé comme une évidence.
Business BTP : L’investissement de 6,5 millions d’euros et la création d’environ 80 emplois marquent une étape importante. Quel impact économique attendez-vous pour le territoire de Saint-Dizier et la Haute-Marne dans les prochaines années ?
Stéphane Lampaert : Il s’agit d’une première étape afin de transférer la production des chargeuses de Crailsheim vers Saint-Dizier. Les conditions actuelles du marché ne sont pas des plus favorables ; les recrutements sont en ligne avec le carnet de commandes. Dès que le marché montrera des signes de reprise, les cadences de production seront amenées à être augmentées et de nouveaux recrutements seront à prévoir (ce qui vaut également pour la ligne historique de fabrication des mini-pelles).
Dans le futur, le développement des nouvelles gammes de produits va aussi créer des besoins de recrutement dans la R&D ainsi que dans les fonctions support.
Au-delà des emplois directs créés par l’usine, cette augmentation des volumes de production a un effet positif sur l’écosystème local, avec une activité accrue pour les fournisseurs locaux, principalement dans le domaine du transport et de la logistique.
Business BTP : Le transfert de la production des chargeuses sur pneus depuis l’Allemagne représente un changement majeur. Quels défis industriels et humains avez-vous dû relever pour accompagner cette réorganisation ?
Stéphane Lampaert : Le principal défi est d’acquérir à Saint-Dizier le savoir-faire existant depuis des années à Crailsheim. La partie industrielle n’était pas la plus compliquée, le processus a été copié sur celui existant. Par contre, la formation des opérateurs a été un point essentiel du succès du projet. Les futurs opérateurs de production des chargeuses ont passé plusieurs mois à Crailsheim aux côtés de leurs confrères allemands sur le convoyeur d’assemblage, afin d’apprendre le produit et son processus d’assemblage. Le dernier défi a été logistique, avec le transfert des stocks de composants dans un délai très court entre la fin de production en Allemagne et le démarrage en France.
Business BTP : L’électrification, la connectivité et les technologies de sécurité sont des thèmes avancés comme axes d’innovation. Quel rôle le site de Saint-Dizier jouera-t-il concrètement dans le développement des futures générations de machines Yanmar ?
Stéphane Lampaert : Le site n’est pas seulement une usine, mais aussi le centre de R&D européen. Les futurs modèles spécifiques aux marchés européens ainsi que les chargeuses sont exclusivement développés à Saint-Dizier, tandis que les projets globaux sont partagés avec le Japon. En termes d’électrification, Saint-Dizier occupe une place prépondérante, puisque l’intégralité de la gamme électrique actuelle et future est développée exclusivement à Saint-Dizier (il y a encore peu de demande au Japon et en Amérique du Nord pour cette énergie).
Business BTP : L’objectif est d’atteindre la pleine capacité opérationnelle rapidement. Quels sont les principaux enjeux ou risques à maîtriser pour respecter ce calendrier ambitieux ?
Stéphane Lampaert : Le transfert de production a été réalisé en 10 mois, entre l’annonce (et le début des activités opérationnelles) et le démarrage de la production en janvier 2026. Entre janvier et mars, la production a augmenté régulièrement pour atteindre le volume cible dès avril 2026.
