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« La vocation du Dig Tour est de rassembler les professionnels dans un moment convivial »

Par Paul Lecaplain |

le Dig Tour a réussi son lancement de saison à Rennes en réunissant 1 700 visiteurs et en générant des ventes concrètes sur le salon. Entre la création d'un pôle dédié à l'emploi, l'ancrage territorial de l'événement et le renforcement de son partenariat avec Intermat, Louis Roizard revient sur les ambitions d'un rendez-vous qui entend plus que jamais fédérer les acteurs de la filière.

« La vocation du Dig Tour est de rassembler les professionnels dans un moment convivial »

Business BTP : Louis, première date du Dig Tour, nouvelle saison, à Rennes. Dans quel état d’esprit es-tu avec le lancement de cette nouvelle édition ?

Louis Roizard : Très positif, même si c’est une saison effectivement très compliquée. Le marché est relativement morose : dans les travaux publics, l’activité reste faible, ce qui signifie moins de maintenance et moins de ventes de machines ou de pièces. Dans ce contexte, les budgets marketing et événementiels sont souvent les premiers à être coupés.

Business BTP : Cela vous a d’ailleurs contraint à annuler la deuxième date ?

Louis Roizard : Oui, nous avons dû renoncer à la date prévue dans le Grand Est à cause de nombreuses annulations. C’est une région qui souffre énormément. En revanche, nous avons tout misé sur la première date du Grand Ouest, car le public y est très dynamique et dense.

Business BTP :  Les gros acteurs ont-ils joué le jeu en invitant beaucoup de monde ?

Louis Roizard : Exactement. Nous avions mis en place un challenge : ceux qui invitaient le plus de personnes inscrites gagnaient un an de publicité dans le magazine (TP Aménagements, ndlr). En outre, un exposant m’a confirmé avoir vendu quatre machines directement sur le salon, un autre a vendu une remorque sur un coin de comptoir, ce qui est signe d’une certaine dynamique.

Business BTP : En termes de chiffres, quelles sont les premières retombées ?

Louis Roizard : Nous avons accueilli 1 700 personnes sur deux jours. Le fait qu’il y ait des ventes et du « closing » (des ventes, comme à la grande époque) sur place est une excellente nouvelle. Cela redonne confiance pour les prochaines étapes à Brignoles (17-18) et à Lyon (24-25). Lyon est une étape très attendue et Brignoles se déroule au même endroit que la dernière fois, donc un gage de réussite.

Business BTP : Il y a une nouveauté importante cette année : le pôle emploi et formation (PEC). Peux-tu nous en dire plus ?

Louis Roizard : L’idée était de créer un « melting-pot » pour aborder la problématique de l’emploi, qui sont des enjeux cruciaux pour le secteur. C’est un espace où les centres de formation, les locatiers cherchant du travail et les entrepreneurs ayant des besoins de recrutement peuvent se rencontrer et nouer des relations. Nous avons mis en place un système de petites annonces, et cela a bien fonctionné. Par exemple, Eurovia a pu récupérer cinq CV sur place, ce qui est loin d’être anecdotique sur une journée.

Business BTP :  Est-ce une façon pour le Dig Tour d’unifier la filière en devenant un fournisseur de services ?

Louis Roizard : Je n’aurais pas cette prétention, mais la vocation du Dig Tour a toujours été de rassembler les professionnels dans un moment convivial, un peu comme un « apéro chez les potes ». Cette initiative emploi a trouvé sa légitimité, tout comme la présence des fédérations locales (CNATP, FNTP). C’est cette « mayonnaise locale » qui fait que ça fonctionne.

Business BTP : Quelles sont les autres nouveautés pour dynamiser l’événement ?

Louis Roizard : Nous avons introduit un jeu concours avec une mini-pelle pour tester la dextérité des participants. Nous avons aussi sonorisé le salon avec un micro et de la musique pour le rendre encore plus convivial. Enfin, nous privilégions les prestataires locaux pour la restauration et nous avons offert du cidre local à tous les exposants. On mise vraiment sur ce microcosme local, élément déterminant aujourd’hui.

Business BTP :  Comment se concrétise votre relation avec Comexposium, notamment en vue d’Intermat l’année prochaine ?

Louis Roizard : Intermat participe activement, notamment avec un stand au sein du PEC pour rencontrer les fournisseurs. Pour nous, c’est un appui de taille internationale, une véritable caisse de résonance. Bien que nous restions très autonomes dans notre commercialisation, j’ai été très touché par la visite du nouveau CEO de Comexposium. Il est venu « mettre les pieds dans la boue », a échangé avec les exposants et a pu constater la légitimité du salon avec un véritable ressenti « à chaud ».

Business BTP : Quelle sera la synergie l’année prochaine ?

Louis Roizard : L’année prochaine, le Dig Tour prendra en charge toute la zone de démonstration d’Intermat. Cela aura vraiment l’identité du Dig Tour.

Journaliste : Quid du Dig Tour classique en 2027 ?

Louis Roizard : En 2027, nous ferons l’impasse sur la formule traditionnelle que nous réitérons depuis 2021. Il y aura cet événement à Intermat, et peut-être une date en Corse si le marché est demandeur. Le cas échéant, si le marché est prospère et que les exposants viennent « avec le cœur », nous serons heureux de retourner au même endroit que la dernière fois, près de l’aéroport de Bastia. C’était une expérience inoubliable.