Le marché des engins de chantier sort du creux cyclique de 2024-2025. Selon Interact Analysis, il entre désormais dans une nouvelle phase de croissance.
Plus largement, le marché mondial des véhicules off-highway devrait atteindre 7,8 millions d’unités en 2030. Il s’établissait à 5,8 millions d’unités en 2024. Il a ensuite progressé à 6 millions en 2025.
Le marché devrait ainsi enregistrer une croissance annuelle moyenne de 5,3 % jusqu’en 2030.
L’agriculture et la manutention tirent le marché
Cette reprise repose principalement sur deux secteurs. Il s’agit de l’agriculture et de la manutention.
Ensemble, ils devraient représenter 83 % des ventes de véhicules off-highway à l’horizon 2035.
Le secteur des engins de construction devrait toutefois connaître une évolution contrastée selon les régions.
L’Europe et l’Amérique du Nord repartent fort
Après un recul en 2025, le marché de la construction devrait renouer avec une croissance modérée en 2026.
Surtout, l’activité devrait accélérer fortement en 2027.
En Amérique du Nord, la production d’engins de chantier devrait progresser de 13 %. En Europe, au Moyen-Orient et en Afrique (EMEA), elle devrait augmenter de 9 %.
À l’inverse, la région Asie-Pacifique devrait reculer.
La production chinoise devrait notamment diminuer d’environ 9 % en 2027. Le reste de la région APAC devrait également enregistrer une baisse de 3 %.
La Chine reste sous pression
Cette faiblesse devrait toutefois être temporaire dans une partie de l’Asie-Pacifique.
Hors Chine, la production devrait passer de 352 000 unités en 2026 à 362 000 unités en 2030.
La situation chinoise est différente. Le marché ne devrait pas retrouver son niveau de croissance au cours de la période étudiée.
La production devrait ainsi passer de 474 000 unités en 2026 à 455 000 unités en 2030.
Interact Analysis met notamment en avant la faiblesse des investissements privés. L’incertitude sur les politiques publiques pèse également sur la demande.
Enfin, le ralentissement de la croissance industrielle limite les besoins en engins de chantier.
L’électrique progresse, mais reste concentré
En parallèle, l’électrification continue de gagner du terrain.
La part des véhicules électriques à batterie (BEV) devrait passer de 33 % des unités produites en 2025 à 44 % en 2035.
Dans le même temps, la part des motorisations thermiques devrait reculer de 66 % à 55 %.
Cependant, cette transition reste très concentrée.
Ainsi, 94 % des véhicules off-highway électriques sont actuellement destinés à la manutention. D’ici 2030, la pénétration des BEV dans ce secteur pourrait atteindre environ 83 %.
Les applications en intérieur sont particulièrement adaptées à cette technologie. Elles offrent des cycles prévisibles et des besoins de puissance généralement limités.
Le diesel reste dominant sur les gros engins
Le développement de l’électrique sera donc plus progressif dans les autres applications.
« La pertinence des BEV est aujourd’hui bimodale. Elle se concentre très largement dans la manutention », explique Chloe Mason, Market Analyst chez Interact Analysis.
Selon elle, les principaux relais de croissance concernent actuellement les engins compacts utilisés en milieu urbain dans les pays occidentaux. Les grosses machines en Chine constituent également un marché potentiel.
En revanche, l’agriculture, les travaux routiers, les bulldozers et les équipements forestiers devraient rester des marchés structurellement dominés par le diesel pendant la période étudiée.
Les petites machines dominent le marché
Autre caractéristique du marché : les petites puissances restent majoritaires.
Les machines de moins de 18 kW représentent 43 % des unités. Celles de moins de 35 kW atteignent 63 % du marché.
Cette structure influence directement la demande en moteurs et en composants. Elle limite aussi, à court terme, le potentiel d’électrification des machines les plus puissantes.
Les chariots élévateurs illustrent cette tendance. Ils représentent la première catégorie de véhicules du marché. Par ailleurs, 72 % d’entre eux affichent une puissance inférieure à 18 kW.
Les fortes puissances constituent le prochain défi
La fin de la décennie pourrait toutefois changer la donne.
Interact Analysis identifie un potentiel de développement de l’électrique dans la catégorie comprise entre 36 et 100 kW.
Le segment supérieur à 100 kW constitue également une piste stratégique. Il reste aujourd’hui plus difficile à électrifier. En revanche, il présente un potentiel économique important pour les fabricants.
Ainsi, la reprise du marché des engins de chantier ne signifie pas seulement un retour des volumes.
Elle pourrait aussi accélérer la transformation du mix énergétique. Pour les constructeurs, les motoristes et les équipementiers, l’enjeu sera donc double : accompagner la croissance du marché tout en préparant la prochaine étape de l’électrification.
