FIB : la préfabrication béton accélère sa transition face à la crise de l’eau

Par Armand Rosam |

Lors de son assemblée générale 2026, la FIB met en avant les atouts de la préfabrication béton, ses engagements pour la sobriété hydrique et les défis économiques de la filière.

FIB : la préfabrication béton accélère sa transition face à la crise de l’eau

Réunie le 19 juin à Paris, la Fédération française des Industriels de la préfabrication Béton (FIB) a tenu sa première assemblée générale sous sa nouvelle identité. Ce changement de nom traduit une ambition claire : mieux valoriser les atouts de la préfabrication béton et renforcer la place du mode constructif hors site dans les projets de bâtiment et d’infrastructures.

Cette édition 2026 a également mis l’accent sur un enjeu majeur : la gestion durable de l’eau. Industriels, experts et partenaires ont ainsi présenté des solutions concrètes pour réduire les consommations et accompagner la transition écologique de la filière.

Une nouvelle identité

Depuis le début de l’année 2026, la FIB est devenue la Fédération française des Industriels de la préfabrication Béton. Cette évolution reflète la volonté de mieux distinguer la préfabrication béton des autres solutions constructives.

Sous la présidence de Jacques Plattard, la fédération souhaite accélérer le développement de la construction hors site. Elle mise notamment sur l’industrialisation locale, la décarbonation des ouvrages et le respect des délais de chantier.

Parallèlement, une enquête menée auprès des adhérents a permis d’identifier plusieurs priorités. La prévention, la sécurité, la transition écologique et le rapprochement entre entreprises, écoles et collectivités figurent en tête des attentes.

La FIB poursuit également sa campagne « Préfabrication Béton, le + qui transforme votre territoire ». L’objectif est de mieux faire connaître les bénéfices de cette solution auprès des élus locaux.

Une conjoncture qui fragilise les industriels

En revanche, le contexte économique reste difficile.

Alors que le secteur espérait une reprise progressive en 2026, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont relancé la hausse des prix de l’énergie. Dans le même temps, le relèvement des taux directeurs par la Banque centrale européenne continue de freiner l’investissement.

Conséquence, l’activité des fabricants de produits en béton destinés au bâtiment recule encore de 2,5 % sur les quatre premiers mois de l’année. Le secteur enregistre désormais près de quarante mois consécutifs de baisse.

Les travaux publics ne sont pas épargnés. Les volumes diminuent également de 3 % à fin avril. Les industriels redoutent désormais le report de certains investissements publics ainsi que de nouvelles restrictions budgétaires.

Dans ce contexte, les entreprises de préfabrication béton subissent des tensions croissantes sur leur trésorerie.

La sobriété hydrique devient une priorité

Au-delà des enjeux économiques, l’assemblée générale a largement porté sur la gestion de l’eau.

L’hydrologue Emma Haziza a rappelé que les épisodes de sécheresse et les pluies extrêmes rendent indispensable une meilleure gestion de cette ressource. Les industriels doivent donc adapter leurs procédés tout en développant des solutions constructives plus sobres.

Pour accompagner cette évolution, le Cerib a présenté une étude réalisée pour la FIB auprès de 148 sites de production.

Les résultats montrent que la filière progresse déjà.

Aujourd’hui, 93 % des industriels réutilisent de l’eau recyclée dans leurs bétons. Par ailleurs, 67 % ont optimisé leurs procédés afin de réduire leurs consommations. Enfin, 65 % suivent désormais des indicateurs de performance liés à l’eau.

En moyenne, la fabrication d’une tonne de produits en béton nécessite 105 litres d’eau prélevée. Au total, la filière consomme environ 1,8 million de m³ d’eau par an.

Pour atteindre l’objectif national de réduction de 10 % des prélèvements d’ici 2030, la FIB encourage le développement du recyclage en circuit fermé, l’utilisation des eaux non conventionnelles et l’amélioration continue des procédés industriels.

Des industriels déjà engagés sur le terrain

Plusieurs entreprises ont partagé leurs retours d’expérience.

En Charente-Maritime, Propreso a entièrement repensé la gestion de l’eau sur son site. L’entreprise récupère désormais les eaux de toiture et réutilise les eaux de lavage grâce à un fonctionnement en circuit fermé.

De son côté, A2C Préfa a transformé ses sites franciliens de Sivry et Melun avec le soutien de l’Agence de l’Eau. Les eaux pluviales sont aujourd’hui stockées puis réinjectées dans les process industriels. Résultat, les deux usines ne rejettent plus d’eau et n’utilisent plus de prélèvements issus du milieu naturel.

Enfin, Capremib participe, avec LG Industrie, à une démarche pilote d’adaptation au changement climatique. Menée avec la FIB, l’ADEME, la Direction générale des entreprises et Bpifrance, cette expérimentation vise à aider les industriels à mieux anticiper les risques climatiques et à construire des plans d’action concrets.

Ancrée dans les territoires

La préfabrication béton représente un acteur majeur de la construction française.

La filière rassemble aujourd’hui 420 entreprises réparties sur 655 sites de production. Elle génère 2,92 milliards d’euros de chiffre d’affaires et emploie 18 500 salariés.

Entièrement implantée sur le territoire national, elle constitue également le premier employeur de la branche Carrières et Matériaux de construction.

Pour la FIB, cette proximité industrielle constitue un levier essentiel afin d’accélérer la transition écologique tout en soutenant l’économie locale.