Le SEDDRe défend le recours à une maîtrise d’œuvre qualifiée pour les opérations de désamiantage, de déconstruction, de dépollution et de réhabilitation de sites complexes. L’organisation considère cette expertise comme un levier de maîtrise des risques et des coûts.
La maîtrise d’œuvre au cœur des opérations complexes
Pour le SEDDRe, une maîtrise d’œuvre spécialisée ne doit pas être vue comme une charge supplémentaire pour le maître d’ouvrage. Elle constitue au contraire un outil pour sécuriser l’investissement.
En effet, les choix réalisés dès la conception influent directement sur le coût et le calendrier des travaux. Ils conditionnent aussi la sécurité des travailleurs et la protection des occupants et des riverains. Enfin, ils participent au respect des exigences réglementaires.
Une maîtrise d’œuvre qualifiée permet ainsi de mieux définir le périmètre des travaux. Elle facilite également l’exploitation des diagnostics et l’anticipation des risques.
Cette expertise contribue ensuite à fiabiliser les estimations et à adapter les consultations. Elle permet aussi de contrôler les méthodes mises en œuvre et d’assurer le suivi technique du chantier.
Par ailleurs, elle favorise une meilleure gestion des déchets. Elle peut notamment contribuer au développement de la déconstruction sélective, du réemploi et du recyclage.
Une maîtrise d’œuvre qualifiée obligatoire ?
Face à ces enjeux, le SEDDRe propose de rendre obligatoire le recours à une maîtrise d’œuvre disposant d’une qualification reconnue pour certaines opérations.
Cette obligation concernerait les projets répondant à des critères de complexité, de montant ou de niveau de risque. Ces critères seraient définis par voie réglementaire.
La qualification devrait également être adaptée à la nature de chaque opération. Cette mesure devrait, par ailleurs, s’accompagner d’une amélioration de la qualité des diagnostics.
Le diagnostic PEMD constitue notamment un enjeu majeur. Il doit devenir un véritable outil d’aide à la décision pour les maîtres d’ouvrage.
Le diagnostic PEMD doit gagner en fiabilité
Le diagnostic PEMD doit permettre d’identifier précisément les matériaux présents sur un site. Il doit aussi préciser ce qui sera déconstruit, réemployé ou valorisé.
Il doit également identifier les matériaux présentant un risque. Enfin, chaque flux doit pouvoir être orienté vers la filière de traitement ou de valorisation adaptée.
Pour améliorer la conduite des opérations, le SEDDRe formule plusieurs propositions.
D’abord, l’organisation préconise le recours à des diagnostiqueurs certifiés. Ces professionnels devraient répondre à des exigences de compétence, d’assurance, d’indépendance et de qualité.
Une meilleure coordination des différents diagnostics est également souhaitée. Les repérages PEMD, amiante, plomb et environnementaux doivent ainsi fournir une vision consolidée des risques, des matériaux et des déchets.
Lorsque le potentiel le justifie, un diagnostic ressource approfondi pourrait aussi être réalisé.
Mieux intégrer les diagnostics aux travaux
Pour le SEDDRe, les diagnostics ne doivent pas rester des documents isolés. Leurs conclusions et leurs prescriptions doivent être intégrées à la conception de l’opération.
Elles doivent également être prises en compte dans les marchés de travaux et dans le suivi du chantier.
La répartition des responsabilités doit aussi être clarifiée. Cette clarification concerne notamment les relations entre diagnostiqueur, maître d’œuvre et maître d’ouvrage lorsque les diagnostics sont intégrés à une mission globale de maîtrise d’œuvre.
Ainsi, la qualité de la conception et la fiabilité des diagnostics doivent permettre de limiter les aléas. Elles doivent aussi contribuer à mieux maîtriser les coûts et à sécuriser les opérations.
Le SEDDRe défend une approche préventive
Cette position a été rappelée le 1er octobre 2026 lors du salon BATIMAT. À l’occasion d’une table ronde consacrée à la fiabilité du diagnostic PEMD, Alexandre Doyère, président du SEDDRe, a défendu le rôle de la maîtrise d’œuvre qualifiée dans les opérations à risques.
Pour l’organisation, l’enjeu consiste donc à considérer cette expertise comme un investissement. L’objectif est de mieux anticiper les risques avant le lancement des travaux et de sécuriser leur réalisation.
