Défaillances au T2 2026 : le BTP résiste mais reste sous tension

Par Armand Rosam |

Le deuxième trimestre 2026 confirme une tendance lourde pour l’économie française. Selon le dernier baromètre du cabinet Altares, la France a enregistré 17 486 défaillances d’entreprises entre avril et juin. Ce chiffre marque une hausse de 5,4 % sur un an.

Défaillances au T2 2026 : le BTP résiste mais reste sous tension

Le deuxième trimestre 2026 confirme une tendance lourde pour l’économie française. Selon le dernier baromètre du cabinet Altares, la France a enregistré 17 486 défaillances d’entreprises entre avril et juin. Ce chiffre marque une hausse de 5,4 % sur un an.

Au total, 37 700 structures ont fait défaut depuis le début de l’année. Malgré ce volume élevé, l’impact social s’atténue. En effet, le nombre d’emplois menacés recule de 9,5 % pour s’établir à 58 830 salariés.

Le secteur de la construction face à des trajectoires opposées

Pour les professionnels du BTP, le bilan global affiche une surprenante stabilité. Avec 4 148 défaillances d’entreprises au deuxième trimestre, la construction recule très légèrement de 0,8 %.

Cependant, cette moyenne cache de profondes disparités selon les métiers. Le tableau ci-dessous détaille la situation contrastée des différents segments :

Sous-secteurTendance au T2 2026Dynamique par activité
Gros œuvreEn baisse de 12,4 %Embellie dans la maçonnerie (-12 %) et la maison individuelle (-11 %).
Second œuvreEn baisse de 5,5 %Bonne santé de l’électricité (-15 %) ; forte crise dans la charpente (+57 %).
Travaux PublicsEn hausse de 8,8 %Les entreprises de terrassement sont en grande difficulté (+18 %).
Promotion ImmobilièreEn hausse de 87,8 %Explosion des défaillances, notamment chez les filiales du Groupe HPL.

Les TPE et les jeunes entreprises en première ligne

Les très petites entreprises (TPE) paient actuellement le tribut le plus lourd. En effet, les structures de moins de trois salariés concentrent à elles seules 75 % des procédures collectives. Leurs défaillances progressent de 8,3 % sur un an, révélant des tensions de trésorerie persistantes.

Par ailleurs, la vulnérabilité des jeunes pousses s’accentue. Les défaillances des entreprises de moins de trois ans bondissent de 12,7 %. Pour ces jeunes structures, la sentence est souvent irrévocable : plus de trois quarts d’entre elles font l’objet d’une liquidation judiciaire directe.

Une fracture géographique marquée

Sur le plan régional, la situation économique se fragmente. Heureusement, la moitié des régions métropolitaines repasse dans le vert ce trimestre. C’est notamment le cas du Centre-Val de Loire (-12,8 %) et de la Bourgogne-Franche-Comté (-8,8 %).

À l’inverse, l’inquiétude grandit dans le deuxième pôle économique du pays. En Auvergne-Rhône-Alpes (AURA), les défaillances bondissent de 22,9 %. Les départements du Rhône et de l’Isère portent l’essentiel de cette hausse inquiétante.

Quelles perspectives pour la fin de l’année 2026 ?

Face à une croissance nationale qui s’essouffle à +0,7 %, le reflux des défaillances n’est pas attendu pour tout de suite. Selon Thierry Millon, Directeur des études chez Altares, les causes de cette fragilité ont changé. Les prêts garantis par l’État (PGE) sont aujourd’hui quasiment soldés.

Désormais, c’est la faiblesse de la demande intérieure et les coûts d’exploitation élevés qui menacent les bilans. Dans ces conditions, Altares anticipe entre 34 000 et 35 000 nouvelles procédures pour le second semestre 2026. Pour les chefs d’entreprise du BTP, la priorité absolue reste donc la préservation de la trésorerie et la sécurisation des chantiers.